la curiosité est la même que tu scroll sur YouTube ou que tu lises un dictionnaire médical. Question de préférence individuelle, et de disponibilité des supports. L’IA ne la changera pas, mais changera la manière de “doom scroller” le dictionnaire quand on est un(e) enfant curieux. A ce titre la page proposée par wikipedia est je pense insuffisante par rapport a une encyclopédie ou même un algo de recommendations.
la lecture gardera un statut a plusieurs vitesses:
Ce qui m’inquiète est l’accessibilité de l’information sérieuse, la capacité a vérifier des sources et la capacité de réflexion politique quand les IA répondront automatiquement le régime parfait est le notre. Dans la communication, je crains que l’accélération de celle ci soit plus dangereuse que le reste.
Merci pour tes remarques, c’est très intéressant. Et désolé pour une autre réponse en mode tartine ;)
la curiosité est la même que tu scrolles sur YouTube ou que tu lises un dictionnaire médical.
Oh oui la curiosité est encore là, mais comme je le disais (apprendre à) lire est un vrai gros effort. C’est fatiguant avant de, parfois, devenir un plaisir. Or, si nous ne sommes plus habitués ni encouragés à fournir cet effort régulièrement, si tout est dispo en un instant en posant une question, la lecture ne sera plus un choix évident pour beaucoup. Et elle le sera de moins en moins. Elle deviendra même… douteuse.
Un peu comme le désir d’avoir un peu de vie privée en ligne ou sur ‘nos’ appareils. Une fois que leurs lois anti chiffrement/vie privée seront devenues ‘normales’ et seront passées dans l’usage, disons pour la prochaine génération (aka celle qui est encore en couches culottes aujourd’hui), le fait de souhaiter protéger sa vie privée sera très suspect (et deviendra cite impossible si de moins en moins de devs dans cette nouvelle génération y trouvent de l’intérêt). Et on aura perdu quelque chose d’essnetiel. En tant qu’individus, chacune tout seul dans notre coin, et en tant que citoyens de ce qui ne pourra plus être une démocratie fonctionnelle (le secret est fondamental dans une démocratie). Bref.
En soit, que les gens cessent de lire ça me serait indifférent car ça ne m’impactera jamais directement, et je pourrais aussi considérer que je suis trop âgé pour m’inquiéter des conséquences à long terme qui elles pourraient m’impacter, mais je ne peux pas ne pas me poser de questions et ne pas m’inquiéter :
autant que je le comprenne, le scroll sur YT (ou TikTok, ou que sais-je) n’offre pas les mêmes opportunités de tomber sur autre chose que ce qu’on recherche déjà. Encore moins si on prend compte que c’est l’algorithme qui aliment en contenu le scroll et qu’il va te suggérer un contenu qu’il pensera plus à même de te faire scroller le plus longtemps possible. Donc quelque chose que tu connais/apprécie déjà. N’est-ce pas plus l’action de consommer (toujours plus) au lieu de se rendre disponible pour d’éventuelles rencontre, comme quand on entre dans une librairie sans avoir avec quel bouquin on va en sortir ? Je peux me tromper, bien entendu.
Pour moi, la possibilité d’être pris de court est clé,ça implique aussi d’être pris à rebrousse poils de temps en temps et de l’accepter. Partout, à tous les niveaux. Pour rester dans la lecture c’est pour ça que régulièrement je vais choisir un livre/auteur à peu près au hasard, si possible dont je n’ai jamais entendu parler. Souvent, je ne vais pas adorer ce bouquin et c’est ok.
Ce scroll ne te laisse jamais le temps de réfléchir à ce que tu regardes, contrairement au livre du moins en théorie (car on pourrait discuter de cette mode des séries et des pavés interminables qui fait que le lecteur moderne n’est jamais sans rien avoir à lire). La vidéo, comme le scroll, c’est pas fait pour être interrompu (pourquoi les pubs font chier?) là où le livre est fait pour être mis en pause, refermé et posé parfois pour des années, il est aussi fait pour être ‘discuté’ (même tout seul, ou à distance avec l’auteur), par exemple en annotant ses pages
La capacité de satisfaire cette curiosité peut manquer si la personne n’a jamais été éduquée à lire par elle-même. Et elle peut être… sévèrement bridée par les limites de l’IA (technologiques et/ou artificielles, sociales et morales)
Ce qui m’inquiète est l’accessibilité de l’information sérieuse, la capacité a vérifier des sources et la capacité de réflexion
C’est ce que j’appelle ‘muscler sa lecture’ et je suis 100% d’accord avec toi. C’est même terrifiant.
Il me semble me souvenir d’avoir publié sur mon blog, doit y avoir un moins ou deux de ça, un petit billet où je partage (brièvement cette fois ;) mon expérience à regarder deux chaînes d’info en continu (pour le contexte : nous n’avons plus de tv depuis plus de 20 ans) et ma conclusion était que ça n’était pas possible que ce soit purement fortuit à quel point ces chaînes font un (efficace) travail de sape pour désapprendre et surtout décourager tout travail de réflexion chez leur audience, tout travail d’analyse de torrent d’information (en réalité un maigre filet mais répété en une boucle infinie et qu’on fait mousser pour lui donner plus de volume) qu’ils doivent gober sans jamais faire aucune pause sauf pour la pub, qui ne fait que remplacer un flux artificiellement entretenu par un autre, ne leur laissant toujours pas le temps ni l’espace mental nécessaire pour digérer). Une matraquage qui rend impossible d’esquisser le moindre travail critique pourtant essentiel quand on cherche à s’informer.
la lecture gardera un statut a plusieurs vitesses:
Je suis et resterai un lecteur, ça ne changera jamais. Même si plus aucun livre ne devait jamais paraître dans aucune langue que je pratique.
Mais c’est ce statut de la lecture, justement, qui me fait un peu flipper.
Bêtement dit, j’aime la lecture non pas pour son statut mais parce que je n’ai pas encore trouvé d’outil plus efficace/pratique pour se confronter à une pensée différente ou nouvelle, qui soit autre que la sienne voire parfois carrément opposée si pas ouvertement hostile à la sienne, tout en pouvant choisir de garder le contrôle dans cette relation (car on peut fermer le livre quand on est trop agacé, pour le reprendre plus tard, même des années). Ou encore pour dialoguer avec des personnes que je ne rencontrerai jamais (lieu et époques) et lire/dialoguer à mon rythme un truc presque impossible à obtenir avec la vidéo qui t’impose non seulement un imaginaire (celui de l’image regardée) mais aussi son propre rythme (y a que moi que ça étonne que depuis 2006 que YT existe les seules grosses évolutions concernent bien plus son look que les outils/options du lecteur vidé »o qui permettraient de finement contrôler la lecture ou, par exemple, de précisément naviguer dans la video pour y trouver facilement un passage spécifique, comme on le fait sans effort dans un texte imprimé).
J’ai tout lu et c’est top.
Après je diverge sur les points suivants:
Ce qui m’inquiète est l’accessibilité de l’information sérieuse, la capacité a vérifier des sources et la capacité de réflexion politique quand les IA répondront automatiquement le régime parfait est le notre. Dans la communication, je crains que l’accélération de celle ci soit plus dangereuse que le reste.
Merci pour tes remarques, c’est très intéressant. Et désolé pour une autre réponse en mode tartine ;)
Oh oui la curiosité est encore là, mais comme je le disais (apprendre à) lire est un vrai gros effort. C’est fatiguant avant de, parfois, devenir un plaisir. Or, si nous ne sommes plus habitués ni encouragés à fournir cet effort régulièrement, si tout est dispo en un instant en posant une question, la lecture ne sera plus un choix évident pour beaucoup. Et elle le sera de moins en moins. Elle deviendra même… douteuse.
Un peu comme le désir d’avoir un peu de vie privée en ligne ou sur ‘nos’ appareils. Une fois que leurs lois anti chiffrement/vie privée seront devenues ‘normales’ et seront passées dans l’usage, disons pour la prochaine génération (aka celle qui est encore en couches culottes aujourd’hui), le fait de souhaiter protéger sa vie privée sera très suspect (et deviendra cite impossible si de moins en moins de devs dans cette nouvelle génération y trouvent de l’intérêt). Et on aura perdu quelque chose d’essnetiel. En tant qu’individus, chacune tout seul dans notre coin, et en tant que citoyens de ce qui ne pourra plus être une démocratie fonctionnelle (le secret est fondamental dans une démocratie). Bref.
En soit, que les gens cessent de lire ça me serait indifférent car ça ne m’impactera jamais directement, et je pourrais aussi considérer que je suis trop âgé pour m’inquiéter des conséquences à long terme qui elles pourraient m’impacter, mais je ne peux pas ne pas me poser de questions et ne pas m’inquiéter :
Pour moi, la possibilité d’être pris de court est clé,ça implique aussi d’être pris à rebrousse poils de temps en temps et de l’accepter. Partout, à tous les niveaux. Pour rester dans la lecture c’est pour ça que régulièrement je vais choisir un livre/auteur à peu près au hasard, si possible dont je n’ai jamais entendu parler. Souvent, je ne vais pas adorer ce bouquin et c’est ok.
C’est ce que j’appelle ‘muscler sa lecture’ et je suis 100% d’accord avec toi. C’est même terrifiant.
Il me semble me souvenir d’avoir publié sur mon blog, doit y avoir un moins ou deux de ça, un petit billet où je partage (brièvement cette fois ;) mon expérience à regarder deux chaînes d’info en continu (pour le contexte : nous n’avons plus de tv depuis plus de 20 ans) et ma conclusion était que ça n’était pas possible que ce soit purement fortuit à quel point ces chaînes font un (efficace) travail de sape pour désapprendre et surtout décourager tout travail de réflexion chez leur audience, tout travail d’analyse de torrent d’information (en réalité un maigre filet mais répété en une boucle infinie et qu’on fait mousser pour lui donner plus de volume) qu’ils doivent gober sans jamais faire aucune pause sauf pour la pub, qui ne fait que remplacer un flux artificiellement entretenu par un autre, ne leur laissant toujours pas le temps ni l’espace mental nécessaire pour digérer). Une matraquage qui rend impossible d’esquisser le moindre travail critique pourtant essentiel quand on cherche à s’informer.
Je suis et resterai un lecteur, ça ne changera jamais. Même si plus aucun livre ne devait jamais paraître dans aucune langue que je pratique.
Mais c’est ce statut de la lecture, justement, qui me fait un peu flipper.
Bêtement dit, j’aime la lecture non pas pour son statut mais parce que je n’ai pas encore trouvé d’outil plus efficace/pratique pour se confronter à une pensée différente ou nouvelle, qui soit autre que la sienne voire parfois carrément opposée si pas ouvertement hostile à la sienne, tout en pouvant choisir de garder le contrôle dans cette relation (car on peut fermer le livre quand on est trop agacé, pour le reprendre plus tard, même des années). Ou encore pour dialoguer avec des personnes que je ne rencontrerai jamais (lieu et époques) et lire/dialoguer à mon rythme un truc presque impossible à obtenir avec la vidéo qui t’impose non seulement un imaginaire (celui de l’image regardée) mais aussi son propre rythme (y a que moi que ça étonne que depuis 2006 que YT existe les seules grosses évolutions concernent bien plus son look que les outils/options du lecteur vidé »o qui permettraient de finement contrôler la lecture ou, par exemple, de précisément naviguer dans la video pour y trouver facilement un passage spécifique, comme on le fait sans effort dans un texte imprimé).
Bref, c’est vraiment un sujet passionnant.